Après avoir expliqué le drift en détail, c'est maintenant au tour du Touge.
Etymologie du terme :Le mot "Touge" vient donc du japonais qui signifie col, crête ou chemin de montagne. Il est prononcé 'to-o-gué' et peut s'écrire de plusieurs façons différentes : touge, tôgue, tooge, tohge.
En décortiquant le kanji original de "Touge", on comprend aisément que l'on parle d'un col de montagne, avec sa montée et sa descente. Par extension de sens, ce mot a aujourd'hui plusieurs autre définitions erronées : route sinueuse, route de montagne, course sur route...
Il est intéressant de savoir que pour parler d'une route de col, on préférera utiliser le terme "tohge michi".
L'esprit Touge au Japon :Les courses de Touge existent bel et bien au Japon, mais la plupart du temps, c'est plutôt entre amis que les Japonais s'entraînent dans la bonne humeur. Certains ont des teams (comme dans Initial D) et s'organisent souvent des journées circuit ou gymkhana (slalom) en plus des petites excursions. Certains préfèrent rouler la journée (généralement en individuels) et d'autres la nuit (plutôt en groupe), suivant la fréquentation des routes et les risques d'accidents.
On retiendra surtout l'idée de la bande de potes qui se retrouve après un bon resto pour s'amuser et décompresser. On notera aussi que beaucoup de Japonais qui "pratiquent" le Touge sont également des amoureux de la nature qui aiment prendre des photos et contempler le panorama après leurs ascensions.
Les voitures réputées pour le Touge :Il n'y a pas vraiment de voiture ultime pour le Touge, même si les 4 roues motrices puissantes (comme les Skyline GTR, Impreza ou les Lancer Evo) ont toujours prouvé leur efficacité, bien qu'étant relativement rares sur les routes de montagne. En effet, les Japonais préfère les propulsions légères : on retrouve souvent des Silvia, 180SX, MR2, RX-7, Miata et Trueno/Levin qui restent des valeurs sûres. Quelques tractions arrivent à tirer leur épingle du jeu, comme les Integra et Civic/CRX. Il est à noter que certaines K-cars (voitures légères de 660cc et moins) s'avèrent redoutables en descente sur routes sinueuses : la Subaru Vivio 4 roues motrices s'avère redoutable malgré ses 52cv !
Les anciens modèles sont bon marché au Japon et donc peu couteux à l'entretien.
Les courses de Touge :Lors d'une course (illégale) sur route de montagne, les participants ont le choix de courir en montée ou en descente. En général, lorsqu'une team en affronte une autre, elles effectuent les deux (montée + descente).
Pour lancer une "battle" improvisée entre deux voitures, le poursuivant colle au pare-chocs de la voiture qu'il compte défier tout en allumant ses clignotants comme pour lui montrer qu'il a l'intention de le doubler (à noter qu'il peut également faire des appels de phares). Si la voiture en face refuse de le laisser passer et accélère, c'est le début de la course !
La plupart du temps, étant donné que la majorité des routes de montagne sont étroites et sinueuses, les règles sont les suivantes : la voiture de tête gagne si l'écart entre les deux voitures augmente ; la voiture poursuivante gagne si l'écart reste le même du départ à la fin de la course.
Les talkie-walkies sont de rigueur si on veut que tout se passe sans incident !
Le Touge Drift :Bien avant Initial D, les Japonais faisaient déjà chasser l'arrière de leurs propulsions sur routes de montagne ! Keiichi Tsuchiya est devenu en quelques sortes l'emblême de cette discipline tant il a arpenté les petites routes dans sa jeunesse en quête de sensations. Beaucoup de drifteurs professionnels participant au D1GP sont d'ailleurs également passés par le Touge pour s'entraîner (Nobuteru Taniguchi par exemple).
Très dangereux si elles ne sont pas parfaitement encadrées, les sessions sauvages de drift sur route ouverte s'avèrent très spectaculaires : il n'y a pas à proprement parler de "drift battles" mais plutôt des sessions entre amis sans réelle compétition pour parfaire ses techniques.
Maîtrise et technique sont les maîtres mots pour réussir de beaux dérapages sur route.